Mon orientation sexuelle

Je me suis toujours interrogé sur mon orientation sexuelle et sur mes pulsions, mais sans faire de nouvelles expériences. Je vivais en couple avec mon épouse depuis plusieurs années, nous avions une famille que je chéris, mais je ne sais pas si j’adorais seulement la présence de la stabilité que m’apportait mon statut d’hétéro ou si j’appréciais réellement être marié avec une femme. J’étais sûr de l’aimer, mais je ne savais pas si c’était comme amie et confidente ou comme épouse.

Il y a plusieurs hommes de ma génération qui sont demeurés longtemps avec leur femme, car l’homosexualité n’était tout simplement pas permise avant. Mais de nos jours, chaque personne se permet un peu ce qu’il veut en matière de sexe, puisque plusieurs tabous sont tombés. Donc à 40 ans, j’ai quitté ma femme, sans aucune raison valable. Vous direz que c’est la crise de la quarantaine, peut-être. Je savais un peu ce qui se déroulait en moi, mais je crois qu’elle ne se doutait de rien. J’ai plié bagage et j’ai déménagé dans le centre-ville de Montréal, au Canada, près d’un secteur gay complètement éclaté que l’on nomme le Village.

Je ne suis pas certain que l’emplacement soit un pur hasard, cependant, l’appart’ me convient bien et le quartier aussi. Pour mon âge, je suis toujours bel homme. Je n’ai jamais cessé de m’entraîner pendant toutes ses années, je ne suis pas trop musclé, mais je suis en forme. Alors, lorsque je marche dans le quartier, plusieurs homosexuels se retournent sur mon passage. Ce qui me plait bien d’ailleurs.

Je sors un soir dans un petit pub pour prendre une bière et pour voir comment je me sens dans un endroit gay où je pourrais rencontrer d’autres types. J’entre dans le premier emplacement que je trouve et qui n’est pas bondé de monde. Je n’ai pas l’intention de rester debout avec plusieurs mecs qui me frôlent. Donc, je pousse dans une minuscule brasserie où il y a des télévisions suspendues aux murs. On y passe des films homosexuels. Je n’en ai jamais réellement vus avant. Je m’assoie dans un coin où je serai isolé. Je ne désire pas parler tout de suite aux gens, je veux commencer par m’imprégner des manières de l’endroit, c’est pour cela que je débute par observer ce que je vois sur les écrans et me faire une idée. Étant donné que la norme exige que je bande en regardant une femme se déshabiller, je me sens mal lorsque je crois avoir un début d’érection à la vue d’une scène de sodomie masculine. Je n’ose pas me lever de ma chaise, puisque je sens que la bosse dans mon pantalon pourrait être visible. Je sirote ma bière en examinant ce qui se déroule autour de moi. Je ne veux plus regarder le film, car je sais que je ne pourrai pas retenir cette érection plus longtemps. Deux hommes dans la vingtaine dansent sur la piste sur un air de Madonna. Ils semblent bien s’amuser, je dirais même que je les trouve mignons. Puis, quelques vieillards sont assis au comptoir du bar, ils regardent qui entre, les plus jeunes surtout. Ces types sont pitoyables… Je m’imagine à cet âge et j’espère que je ne leur ressemblerai pas. Je me sens cependant très à l’aise dans cet univers exclusivement masculin. Je recommence à mater les vidéos. Un mec de mon âge est devant un jeune homme d’une vingtaine d’années. Les plus vieux semblent draguer l’autre, mais il n’y a pas de volume alors je ne sais pas réellement ce qui se passe dans la vidéo. De toute façon, je crois que dans ce genre de trucs, c’est comme pour la porno hétérosexuelle, aucun besoin de se parler, tout se déroule sans que le dialogue importe. Ce qui m’étonne c’est l’écart d’années entre les deux hommes, je ne comprends pas comment un minet peut avoir un faible pour un type qui a le double de son âge… Plus je regarde ce qui se déroule, plus je crois que j’aimerais aussi qu’un mec comme lui s’intéresse à moi. Finalement, il y a un mec immense (je ne vous dis pas, le géant vert aurait l’air d’une mauviette à ses côtés…) qui s’assoit devant moi.

– Tu es nouveau ici ? me demande le colosse d’une voix très grave.
– Ça parait tant que ça ?

Je ne crois pas qu’il soit inscrit dans mon front : homo en devenir… L’homme m’invite à aller prendre une bière chez lui pour discuter…

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